
Nous partons le matin avec nos deux comparses québécoises, notre chauffeur guide Ruben et son épouse cuisinière Ada. Le 4x4 est chargé de tous nos bagages, d’essence, d’outils de mécanique et de la nourriture dont nous aurons besoin durant les 5 jours. Ruben, fin mélomane nous met tout de suite dans l’ambiance avec sa playlist constituée d’environ 10 morceaux de musique choisie dont un de cumbia particulièrement excellent qui sera un peu comme l’hymne de notre aventure. Inutile de dire que déjà au bout de 2 heures, nous ne supportons plus la musique ! Mais il va falloir la supporter pendant 5 jours. En bonus, on vous laissera pendant tout notre voyage en Bolivie notre morceau préféré de cumbia en page d’accueil du blog ! Le premier jour, nous montons de 2950 m à 4000 m. Notre guide mâche frénétiquement la coca achetée avant de partir. Nous traversons des paysages de montagne torturés avec d’impressionnants précipices, des cols aux vues panoramiques, des plaines où paissent les lamas et les vigognes. Nous apercevons un condor au loin. Notre véhicule évolue seul au milieu de ces paysages grandioses ce qui nous donne une impression de bout du monde. Le midi, 
nous mangeons un repas froid sur le coffre du 4x4 et le soir, nous dormons dans un petit village glacial à un point que les lamas ont des petits manteaux personnels ! La nuit est particulièrement froide et nous dormons emmitouflés dans nos duvets tout habillés avec en plus des couches de couvertures pour supporter la température du dortoir (environ 5°C) ! Bien sûr, pas de douche et encore moins de l’eau chaude. Le lendemain, nous partons à l’aube vers les 6h… nous grelottons jusqu’à ce que le soleil nous réchauffe dans la voiture qui ne possède pas de fonction chauffage ! Le paysage change par rapport au jour précédent. Nous sommes sur les hauts plateaux andins et nous traversons des paysages lunaires d’où surgissent des volcans à 6000 mètres d’altitude et bordés par des lacs aux couleurs extraordinaires (jaunes, verts, bleus, roses).
Le midi, nous faisons un stop à des sources chaudes où nous prenons un bain entre deux arrivées de hordes de touristes.
Le soir, nous dormons dans un dortoir un tout petit peu moins froid que la veille non loin de la laguna colorada, un lac aux couleurs rosées où ont élu domicile des centaines de flamands roses. Ce lac est en concurrence pour faire partie des 7 nouvelles merveilles naturelles du monde (comme les chutes d’Iguaçu). Nous faisons bien de l’admirer le soir au coucher du soleil car les couleurs sont magnifiques comparées au lendemain où le lac est complètement gelé !
Le troisième jour, nous continuons notre périple tout aussi magique entre volcans, déserts, salars et lagunes aux couleurs incroyables. Le soir nous logeons dans un refuge construit en grande partie en sel donc un peu moins froid que les précédents car le sel renvoie la chaleur accumulée pendant la journée. Par contre, nous avons le droit à uniquement 2h d’électricité pour compenser l’accès à une douche chaude moyennant 1 euro. Mais ça fait vraiment du bien de pouvoir se doucher après 3 jours ! Le quatrième jour, nous atteignons le salar d’Uyuni. Immensité de sel d’un blanc éclatant qui s’étend sur 12 000 km2 à une altitude de 3600 m. Nous avons l’impression d’être au bout du monde une fois de plus et nous en profitons pour faire des photos stupides car le sens de la perspective est atténué.
Nous visitons des « îles » au milieu du salar où poussent des cactus candélabres et dont les roches sont recouvertes de corail fossilisé, vestige de l’ancienne mer qui recouvrait toute l’étendue. Curiosité : le sol du salar est composé de polygones réguliers qui se forment lors de l’évacuation des eaux de pluies. Nous offrons notre meilleure considération à la personne qui aura une vraie explication scientifique fiable sur le sujet (aujourd’hui, celles entendues ne sont pas vraiment convaincantes).
Le soir, nous dormons à Coquesa un petit village sympathique, poussiéreux, qui borde le salar et qui est au pied du volcan Tunupa que nous escaladerons le lendemain. Le soir, c’est l’occasion d’échanger des photos et de la musique avec notre guide. A vrai dire, sa véritable fonction serait plutôt mécano professionnel spécialisé dans la réparation de chambre à air. En effet, si on compte le nombre de pneus changés et rafistolés pendant les 5 jours, on peut dire qu’il a gagné le championnat régional de manipulation de rustine ! Mais bon, inutile de dire que nous préférions le voir le nez dans le capot tous les soirs pour faire la révision des 50 km et savoir qu’il en faisait un véritable hobbie plutôt que profiter d’explications un peu plus touffues sur le salar… on ne peut pas tout avoir ! Le lendemain, réveil à 3h30 pour faire l’ascension du volcan Tunupa à 5200 m. Nous suivons un guide local qui n’a pas dû se laver depuis au moins 3 mois… La montée est difficile. Surtout pour les poumons ! Bien qu’avançant lentement, nous avons du mal à respirer et le dénivelé est rude ! Environ 1000 m en 3 heures avec des pierriers en prime… Mais bon tous ces efforts sont largement récompensés par un lever de soleil sur le salar, et une vue depuis le haut du volcan particulièrement splendide.
La descente est tout aussi rude pour les genoux et c’est exténués que nous rentrons à notre hébergement. Dans l’après-midi, nous arrivons à Uyuni où nous rencontrons Johane et ses deux amies qui ont fait à peu près le même parcours que nous mais en beaucoup plus condensé ! Nous profitons de la fin d’après-midi pour nous raconter nos diverses péripéties car elles repartent le soir même pour La Paz. De notre côté, nous logeons dans un petit hôtel qui nous paraît un luxe immense : un lit double confortable, une salle de bain avec eau chaude !!! Tous ces équipements nous font presque oublier qu’il fait 8°C dans la chambre… Le lendemain, départ pour Potosi. |